20120111 - Môjû (La bête aveugle) - Yasuro Masumura - 1969 - Japon

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20120111 - Môjû (La bête aveugle) - Yasuro Masumura - 1969 - Japon

Message  Scorpio Killer le Jeu 26 Jan - 0:26

http://www.imdb.com/title/tt0140384/

Lieu : encore l'appart' de Pink Watcher et CaraBosse, avec sa superbe télé 42 pouces.
Présents : Pink Watcher, Leatherface, Black Mamba, SatoLover, Night Prowler, Tao et Scorpio Killer.
Carabosse nous abandonne rapidement et Black Mamba s'endort.
Dommage car le film avait été choisi pour plaire aux femmes sensibles du Cercle.
Finalement, SatoLover, pas vraiment sensible puisqu'elle est la muse du Cercle, sera la seule femme à regarder le film.

En effet, le personnage féminin principal, Aki, interprété par Mako Midori, est enlevé par un aveugle, Michio (interprété par Eiji Funakoshi) qui se fait passer pour un masseur. Elle est séquestrée, cherchera à s'enfuir, puis finalement surpassera le kidnappeur dans son obsession, à savoir le toucher.
De la classique vision, qui peut géner, de la femme-objet, dont la volonté est niée, cette femme-ci va au contraire aller au bout de la passion et entraîner l'homme vers la mort.

Trois personnages seulement pour un huis clos étouffant où les pulsions les plus extrêmes sont représentées de façon fascinante sinon crue. La pornographie est absente de ce film de 1969 mais la Sexualité et la Mort y sont omniprésentes.

L'aveugle est un sculpteur qui voue un culte au corps de la femme. Son atelier, où il séquestre Aki, contient des sculptures de différentes parties du corps humain, répétées à l'infini sur les murs. Une partie pour les nez, une pour les yeux, une pour les bouches, les seins, les fesses et ainsi de suite, forment un décor fantasmagorique.
Il y a aussi deux corps de femme, complets et géants. Les deux protagonistes principaux les escaladeront à plusieurs reprises.
Ce décor m'a fait penser à celui créé par Dali dans Spellbound d'Hitchcok, qui ne contenait que des yeux. Masumura va encore plus loin : son décor surréaliste est pourtant bien réel, c'est l'atelier/prison/temple hommage au corps de la femme (alors qu'il illustre le rêve dans Spellbound) et surtout, il ne s'arrête pas aux yeux et nous montre de nombreuses parties du corps humain, morcelé...
Les allusions à la psychanalyse de Freud sont nombreuses dans les deux films.
Mais les similitudes s'arrêtent là.
Hitchcok met en scène un couple amoureux, chaste, innocent. La puissance de l'amour va permettre de sauver le personnage en difficulté.
Chez Masumura au contraire, la passion va naître entre les deux antagonistes, et elle sera dévastatrice. Aki va d'abord s'atteler à séparer Michio de son assistante, l'antagoniste, qui n'est autre que sa mère. Peut-être d'abord pour s'enfuir. Mais elle s'attachera à Michio qui finira par tuer sa mère (Freud aurait préféré son père !) pour se libérer de son emprise.

Les deux amants pourront alors sombrer dans leur passion destructrice.
Michio veut réaliser la sculpture parfaite : une femme idéale, sculptée dans son entier, à l'aide de ses mains d'aveugle.
Le plaisir du toucher va augmenter en intensité, menant le héros à des états de transe. Puis le modèle va partager ce plaisir jusqu'à un paroxysme, dans lequel les deux personnages se tueront.

Eros et Thanatos, pulsions extrêmes, érotisme torride, morts violentes, photographie à couper le souffle : c'est un grand film du Cercle.


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